top of page

Trump, Musk et les autres: « Des bons, des brutes ou des truands » ?

Dernière mise à jour : 8 mars

Fidèle à mes tentatives de traitement non dualiste de l’actualité proposée sur Planète Vagabonde, j’aimerais m’exprimer sur le remake auquel nous assistons autour des figures de Donald Trump et d’Elon Musk, dont l’intitulé pourrait s’inspirer du célèbre western de Sergio Leone « Le bon, la brute et le truand ». Décryptage d'une actualité comme outil de connaissance de soi.


Je vois partout sur la Toile des influenceurs, chroniqueurs, politologues, académiciens ou autres penseurs (à la place des autres) se livrant à un déferlement d'opinions tranchées et de jugements abrupts, en particulier autour de ces deux figures. « Même parmi la dissidence, des gens se font avoir par la propagande pro Trump » déplorent certains respectables défenseurs de la souveraineté, semant la confusion au sein-même de la communauté à laquelle ils appartiennent.


Ce phénomène, pour moi, illustre à quel point nous avons perdu la capacité d'observer sans nous laisser happer par la dichotomie simpliste du bien et du mal. Pourquoi ne pas nous accorder au moins une respiration d’espoir, quelques secondes positives, tout en cultivant notre perspicacité ? Pourquoi ne pas prendre la réalité pour ce qu’elle est, de jour en jour, sans obligatoirement imaginer des manigances ou choisir un camp, celui du « bon », de la « brute » ou du « truand », de Trump, de Musk ou de leurs détracteurs, dans l’ordre que vous voulez. Entre ces deux pôles, une guerre idéologique où chacun se croit détenteur d’une vérité absolue. Mais cette polarisation, loin de nous élever, nous enferme dans une vision binaire, où nous finissons par nous identifier à un camp, à une opinion, au détriment de notre pouvoir de création.


Pour certains, Donald Trump incarne l’espoir d’un système politique renouvelé, libéré des élites corrompues. Pour d’autres, il représente un danger pour la démocratie et les valeurs progressistes. De même, Elon Musk est perçu soit comme un visionnaire audacieux, soit comme un capitaliste transhumaniste déconnecté des réalités sociales.


Et si, au lieu de céder à cette vision ordinaire du monde, nous choisissions une approche subtile, énergétique et vibratoire, alignée sur des valeurs universelles telles que la paix, la justice, la vérité et la patience ? Et si nous abandonnions une lecture horizontale de l’actualité, chewing-gum mille fois remâché, pour une lecture verticale et spirituelle ? Personnellement, je préfère clairement une interprétation de la géopolitique qui ne cherche pas à opposer mais à comprendre, qui ne condamne pas à l'emporte-pièce mais qui interroge les valeurs que chaque individu choisit de nourrir en lui-même.

Nous vivons à une époque où critiquer est devenu une posture intellectuelle valorisante. Se rehausser par la critique systématique de l'autre, se croire plus intelligent parce que l'on dénonce, constitue une forme subtile d'orgueil qui alimente sans cesse la polarisation. Or la non-dualité nous invite à prendre du recul et à envisager le réel sous un angle plus vaste, plus englobant. Il ne s'agit pas de cautionner ni de justifier, mais de dépasser le réflexe de la condamnation facile pour entrer dans une observation plus profonde de ce que ces figures contemporaines révèlent de notre société et de nous-mêmes.


Les figures polarisantes de Donald Trump et d'Elon Musk révèlent moins leurs propres qualités ou défauts que les projections de ceux qui les jugent. Pour ma part, je propose, en nous rangeant derrière ou contre les actions politiques de la nouvelle équipe au gouvernement américain, de choisir quelles valeurs nous souhaitons renforcer en soi et cultiver dans le jardin du monde. Si nous rejetons tout en bloc, ne sommes-nous pas en train de répéter à l’identique une posture dogmatique opposée ? Si, en revanche, nous interrogeons les valeurs que ces actions éveillent en nous, qu'il s'agisse d'espoir, de volonté de rupture avec un système perçu comme obsolète et corrompu, nous pouvons en extraire un enseignement personnel sans cautionner l'intégralité de leurs propos ni de leurs initiatives.


En reconnaissant les qualités en Musk, quelles valeurs choisissons-nous de nourrir ? Sont-elles compatibles avec notre propre éthique, ou devons-nous les questionner davantage ? Pour ma part, cet homme m'inspire l'innovation, le courage, l'audace, la volonté d'explorer au-delà des limites actuelles. Le reste, je n’y prête aucune attention. Cette lecture de l’actualité ne préconise pas l'absence de jugement, mais un jugement qui ne divise pas, un discernement qui ne s'enferme pas dans une opposition stérile voire un rehaussement intellectuel personnel. En reconnaissant les qualités en Trump, je nourris les mêmes en moi, celle d'une femme qui entreprend rapidement, qui traduit ses paroles en actes, qui cultive le franc-parler au risque d'être parfois un peu trop directe et maladroite. Je ne fais pas confiance à ces hommes, mais j'ai confiance dans les vertus qu'ils activent en moi.


Une vidéo qui cartonne

Si la vidéo de l’entretien que je viens de réaliser avec le journaliste québécois Sylvain Laforest soulève autant d’enthousiasme, c’est précisément grâce à ce ressenti positif vécu par des milliers d’auditeurs. Que Sylvain ait raison ou tort dans son argumentation, ce n’est pas l’important : ce qui compte, c’est qu’il réactive en nous un feu d’amour pour la vie. Il ne s’agit pas d’espérer naïvement ni de se raconter des histoires ; il est question de réallumer un feu intérieur et de reprendre notre pouvoir de création par la vibration la plus haute. Quand je parle de « création », je ne pense pas forcément à peindre une vue du Mont-Blanc au coucher du soleil sur le lac Léman. Je parle de « créer » selon la physique quantique, c’est à dire interagir avec un champ de possibilités infinies à un niveau subatomique. Ce phénomène est connu sous le nom d'effet de l’observateur. En choisissant consciemment ce que je laisse se manifester en moi, j’influence une réalité parmi toutes celles qui sont possibles. Je crois que nos pensées, nos intentions et nos observations participent magistralement à la matérialisation d’un futur spécifique. Cela rejoint l’idée que notre perception du monde façonne en partie la réalité que nous expérimentons. Et sur ce point, je ne peux pas éviter de partager la mille fois mâchouillée citation du Mahatma Gandhi: "Sois le changement que tu veux voir dans le monde".


Sylvain Laforest
Sylvain Laforest

En tant que journaliste et créatrice de Planète Vagabonde, ma mission est de proposer une lecture de l'actualité qui ne se contente pas d'une opposition frontale, mais qui éclaire de l'intérieur. Je souhaite faire de chaque événement une plongée individuelle dans un bain de révélateur photographique, pour rendre visible l’image de notre cartographie émotionnelle sur la pellicule de notre existence. Je décrypte les nouvelles du monde comme une opportunité de percevoir ce jeu d’ombres et de lumières en soi, pour transformer les unes et cultiver les autres, et prendre part à la création collective d’un monde meilleur. Ainsi, mon rôle n’est pas de prendre parti pour Trump ou Musk, mais d’interroger ce que leur présence sur la scène mondiale révèle de notre époque et des valeurs que nous souhaitons incarner.


Se désidentifier n'est pas se désengager

Il ne s'agit pas d'être neutre au sens d'une indifférence passive, mais de s’engager pleinement dans une démarche de compréhension et de construction d'une réalité à la fois en accord avec les valeurs que nous chérissons et respectueuse de la diversité des opinions. En effet, nous sommes, pour la plupart, des observateurs de l'actualité qui, en fait, jouent un rôle actif dans la construction de la réalité collective. Alan Watts rappelait que l'unité ne passe pas par l'effacement d'un regard au profit d'un autre, mais par le respect de la multiplicité des perspectives. C'est dans cette acceptation de la diversité des points de vue que réside notre pouvoir créateur. Selon moi, il n’y a qu’une seule question à se poser en boucle : quelle réalité voulons-nous nourrir en nous et autour de nous à chaque instant? Il ne s'agit pas de cautionner ni de rejeter, mais d'observer, de comprendre, et de choisir consciemment ce que nous souhaitons incarner. Ce n’est pas un désengagement, mais une désidentification. Se désidentifier, c’est comprendre que nous ne sommes ni nos opinions, ni nos jugements, ni nos appartenances politiques. En cessant de projeter nos attentes et nos peurs sur ces figures, nous pouvons observer ce qu’elles révèlent de nous et du monde.


Adopter une lecture verticale de l’actualité, c’est transformer notre relation au monde. Plutôt que de simplement réagir aux événements, nous devenons des créateurs conscients, capables de manifester une réalité en harmonie avec ce que nous sommes venus chercher sur Terre. Cette approche ne nie ni les défis ni les injustices du monde : elle nous offre au contraire des outils pour les aborder avec clarté et compassion.


En adoptant une lecture contemplative de l’actualité, nous pouvons nous affranchir des débats superficiels pour nous aligner sur des valeurs universelles profondes. Que nous soyons inspirés par l’audace d’Elon Musk ou par l’anti-conformisme de Donald Trump, l’essentiel est de questionner comment nous pouvons canaliser cette énergie qu'ils nous inspirent pour construire une réalité plus juste et plus harmonieuse pour soi-même d’abord, pour les autres, ensuite. Car, comme le disait avec tant de sagesse la regrettée Christiane Singer : « L'amour est la matière première de la création et nous sommes tous les uns dans les autres ».

4 Comments


Louis
Feb 27

Merci pour ce bel exemple de mise en pratique de l'Advaïta !

Like
Replying to

Merci Louis! C'est un vrai défi que d'apprendre à décrypter et à partager l'actualité à partir de ce niveau! Et en même temps, il n'y a rien de plus gratifiant et apaisant...

Like

Myriam
Feb 26

Bonsoir, j'ai lu votre article avec beaucoup d'intérêt. J'apprécie votre hauteur de vue et suis très impressionnée par votre capacité à vous distancer en cherchant , si j'ai bien compris, le côté lumière des personnes actuellement en vue dans la presse, pour nous en inspirer. Cependant dépasser la dualité ne me semble pas effacer le côté ombre des humains, je comprends le dépassement de la dualité comme une marche vers l'Un, vers l'unité. De ce fait, peut-on imaginer la même démarche pour nos élites, pour Zelensky, bref pour ceux qui ont été ou /et le sont toujours, diabolisés par certains?

Like
Replying to

Bonsoir Myriam, merci de votre commentaire et de votre question. Je crains que les dirigeant éclairés comme ce fut le cas dans le passé (il faudrait remonter au Moyen-Age ou à l'Antiquité), ont disparu de la scène géo-politique internationale. Je ne crois absolument pas à ce que ces personnalités soient capables de pratiquer la non-dualité. Par contre, je crois au pouvoir des citoyens de changer la réalité de ceux qui nous dirigent en nous détachant nous-mêmes de tout ce cirque! En élevant nos vibrations, nous contribuons à changer de paradigme politique et social et finirons bien par attirer dans notre réalité des leaders inspirés et inspirants. Bon dimanche!

Like
bottom of page